Rivista di etica e scienze sociali / Journal of Ethics & Social Sciences

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DAMIEN ÉLIMÉ BOUGUMÉ

 

pdf06 studi Il est né le 10 avril 1952 à Oman I par Bikok, dans la Mefou, Camerun. Après ses études au petit séminaire d’Akono et de Mvolyé, il entre dans l’Ordre des Prêcheurs à l’âge de 20 ans et fait sa Première profession religieuse le 1er octobre 1973. De lui, ses formateurs diront « qu’il était un jeune homme d’une merveilleuse fraîcheur et qu’il avait reçu au Petit séminaire des Pères du Saint Esprit une solide formation spirituelle et intellectuelle. Sa foi était structurée et sa culture était du niveau d’un très bon bachelier français de l’époque. Il jouissait d’une vive intelligence et il avait soif d’apprendre… ». Sa profession solennelle a lieu le 2 octobre 1976 au Couvent des Dominicains d’Elig-Essono. Il poursuit alors ses études à l’Université de Yaoundé, à la Faculté de théologie protestante de Yaoundé, à Dominican Institute of Ibadan, à l’Institut Catholique de Paris, à la Sorbonne et obtient non seulement une Licence ès-Lettres, un Doctorat en Sciences théologiques, mais aussi un Doctorat en Histoire des religions et Anthropologie religieuse (1990).

Ordonné diacre le 3 mars 1978, il reçoit de Monseigneur Jean ZOA, Archevêque de Yaoundé, l’ordination presbytérale le 13 décembre 1980 à Bikok. Assigné au Couvent des Dominicains de Yaoundé, il se consacre définitivement pour la vie intellectuelle à la recherche de la Vérité, devise de l’Ordre dominicain. Dès 1982, il donne ses premières leçons de théologie à l’Ecole Théologique Saint-Cyprien de Ngoya (dès 1982) et devient très rapidement une référence. Professeur invité à Lumen Vitae à Bruxelles, il est accueilli en 1993 à l’Université catholique d’Afrique Centrale/Institut Catholique de Yaoundé (UCAC-ICY) où il deviendra plus tard (1995) enseignant permanent. Il donne parallèlement des cours à l’Institut catholique de Paris (1997-1998). En 2015, il est nommé Secrétaire général académique de l’Université catholique d’Afrique Centrale, charge qu’il assumera jusqu’à sa mort.

Concomitamment avec ses charges universitaires et académiques, le Révérend Père Eloi MESSI reste un religieux attentif aux besoins de son Ordre. Il assumera avec rigueur et passion ses charges de bibliothécaire du Centre Dominicain de Recherches du Couvent Saint-Dominique de Yaoundé. Il a exercé dans l’Ordre et dans l’Eglise diverses charges, comme celle de coordonnateur de l’Inter-Africaine des Dominicains (1981-1985), de tuteur des frères étudiants à Yaoundé (1984-1985), de membre de l’équipe Informations catholiques de l’Archidiocèse de Yaoundé (1981-1983). Il deviendra au cours des années 90 et 2000, Supérieur de la maison Saint-Dominique de Yaoundé, curé de la paroisse Notre Dame de la Paix du Lac à Yaoundé et curé de la paroisse d’Abom. Avec l’érection du Couvent Saint-Dominique de Yaoundé en Janvier 2015, il devient le premier Sous-prieur, charge qu’il exercera avec humilité, dévouement et fidélité. Toujours joyeux, il s’épanouit de plus en plus dans sa communauté. Deux évènements précèdent sa mort : la célébration par les frères d’un hommage au frère Eloi voulu par son Prieur d’alors qui le considère comme « patriarche » et le Jubilé des 800 ans de l’Ordre des Prêcheurs ; moments qu’il vivra avec joie et enthousiasme. Comment ne pas rendre grâce à Dieu pour le miracle accompli au sein de notre entité ? Eloi a vécu le désert dans le Vicariat et ces évènements rassemblent auprès de lui de dizaine de frères qui assumeront la relève. Lors du colloque scientifique international sur le thème : « Gouvernement dominicain et tradition démocratique », à la clôture du Jubilé célébré à la Basilique Marie Reine des Apôtres, dans un discours laconique et clair, il dira : « La vie dominicaine en Afrique Centrale est certes en pleine croissance, mais elle reste constamment menacée ». On le remarque heureux au cours de soutenances de ses frères. Parmi ses frères de l’Ordre, il suscite admiration et curiosité.

En mars 2017, à la demande de son Prieur, il se rend à Bangui et assiste, aux côtés du Cardinal Nzapalaïnga, Archevêque de Bangui, de Monseigneur Pierre Raffin, OP, Evêque émérite de Metz, de Monseigneur Houndgbédji, OP, Archevêque de Cotonou, à l’Ordination épiscopale de Monseigneur Richard APPORA, OP, premier Evêque dominicain du Vicariat.

Récemment élu Président du Comité de langue Beti et proposé comme aumônier des Décideurs, Cadres et Leaders d’opinion (Yaoundé), il ne présidera plus en ce monde ni les assises de 2017 ni la première réunion de l’Aumônerie qu’il avait fixée au 15 octobre 2017. Voilà l’homme que nous avons côtoyé et qui fut d’une humilité inégalable. Nous nous rappelons un épisode en 2014. Le supérieur était absent et je fus nommé vicaire sur la maison de Yaoundé. Eloi a présidé une eucharistie et, au cours de sa prédication, des chrétiens sont entrés en conflits avec son analyse faite du voeu de chasteté. Dès mon retour, je reçu des plaintes des fidèles. Mais sans mots lui dire, il vint me trouver et me remit la copie de son homélie en me disant « Tu recevras certainement des plaintes. Mais en tant que vicaire, je me dois de te rendre compte. Voici ce que j’ai dit. Tu as mon texte.» Je fus profondément touché par ce geste d’humilité qui, à mes yeux, a grandi ce frère. Qui étais-je pour apprécier un homme d’une telle dimension ? Mais à cause de ma charge, il croyait à la grâce d’état et était prêt à obéir. Quel exemple d’humilité ! La science devrait se mettre au service de l’autorité.

 

Inventaire d’une production scientifique dense et éclectique

L’œuvre d’Eloi MESSI METOGO est éclectique et dense. Elle comporte un grand nombre d’ouvrages et d’articles. Prêtre dominicain, historien des religions, théologien, philosophe, sociologue, anthropologue et même épistémologue des sciences sociales, il est aussi un homme de lettres.

L’humilité quotidienne de l’homme contraste avec l’intensité et la puissance de son œuvre scientifique. Grand ami, lecteur et interprète des philosophes hermétiques et polémiques africains (Eboussi Boulaga, J-M Ela, Mongo Beti, …), Eloi MESSI a su les retranscrire de façon plus prosaïque et accessible à tous. Henriette DANET dit de lui qu’il était le meilleur en matière de recension de travaux et de synthèse de document. C’est le cas dans l’impressionnante synthèse qu’il fit de la théologie de J-M ELA dans un entretien accordé à Parfait D. AKANA dans le numéro de la revue Terroirs vol. 8, 1-2 /2012 intitulé « Jean-Marc ELA et Séverin Cécile ABEGA, un engagement scientifique ». L’entretien est intitulé « Jean-Marc Ela, théologien » (pp. 23-31).

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Son entrée dans l’univers des consacrés, des sciences sociales et théologiques se fait de manière fort remarquable. En effet, à l’université de Paris IV en 1990 et sous la direction de Michel MESLIN, Eloi MESSI METOGO présente une thèse de Doctorat en histoire des religions intitulée « L'indifférence religieuse dans certaines sociétés négro-africaines d'hier et d'aujourd'hui : étude ethnosociologique et théologique ». Ici, le futur professeur donne les contours de ce qui allait être son credo scientifique : une ethno-socio-théologie des sociétés africaines. Il pense que « contrairement à l'idée communément admise de l'Africain "incurablement religieux", on observe l'indifférence religieuse et l'incroyance aussi bien dans les sociétés traditionnelles que dans les sociétés contemporaines par rapport aux religions traditionnelles, à l'islam et au christianisme. Il s'interroge alors sur la manière dont le christianisme peut faire face à cette situation ».

Lorsqu’il traite de l’Eglise catholique comme objet d’étude au sens d’Emile Durkheim, c’est sans complaisance qu’il la soumet au crible de la pensée critique ; l’homme de Dieu enlève sa tunique et revêt sa toge d’homme de science. Dans sa présentation de l’ouvrage A Contretemps. L’enjeu de Dieu en Afrique de Fabien Eboussi Boulaga, Eloi MESSI écrit sans diplomatie : « Des prêtres deviennent commerçants ou guérisseurs. Les problèmes d’argent prennent le pas sur les tâches apostoliques. On abomine les prêtres qui partent, mais on ferme les yeux sur le concubinage de ceux qui restent ». Il sort des sentiers battus et se trace son propre sillon ; car pour lui, « l’étude du phénomène religieux en Afrique noire est bien moins avancée qu’il n’y paraît et le chantier est immense ». Dès lors, toute sa production intellectuelle en dépend.

Dès 1985 il publie à L’Harmattan, Théologie africaine et ethnophilosophie; puis, Problème de méthode en théologie africaine.

Dans la suite de sa thèse en 1990, le professeur de Théologie systématique enchaîne :
- 1991 « Présentation de F. Eboussi Boulaga », A contretemps, Enjeux de Dieu en Afrique, Paris, Karthala, pp. 5-9.
- 1994 « Le christianisme, les religions traditionnelles et l’islam dans l’Afrique d’aujourd’hui », in J. Ndi Okalla (dir.) Inculturation et conversion, Africains et Européens face au synode des Eglises d’Afrique, Paris, Karthala, pp. 63-84.
- 1996 « Réflexions théologiques fondamentales sur l’inculturation », L’inculturation en débat, Conférences théologiques n° 1, Yaoundé, PUCAC, pp.31-44.
- Dieu peut-il mourir en Afrique ? Essai sur l’indifférence religieuse et l’incroyance en Afrique noire, PUCAC-Karthala, Yaoundé-Paris.
- 1997 « Une lecture critique de Ecclesia in Africa », Ecclesia in Africa: questions en suspens, Conférences théologiques n°2, Yaoundé, PUCAC , pp. 7-18
- 1998 Mondialisation irréligieuse en Afrique croyance ?, Conférences du Centre d’Etudes Africains et Arabes, Institut Catholique, Toulouse.
- « Le sens des miracles de guérison dans la mission de Jésus », Collectif, Citadins et ruraux en Afrique subsaharienne, Yaoundé-Paris, PUCAC-Karthala, pp. 351-361.
- 1999 « Philosophie et gestation de la théologie en Afrique », Annales de l’Ecole Théologie Saint Cyprien, Yaoundé, Année IV, n°4, pp. 23-35.
- 2000 « L’Afrique francophone », in J. Doré (dir.), Le devenir de la théologie catholique mondiale depuis Vatican II, 1965-1999, Paris, Beauchesne, pp. 201-224.
- « Les tâches de la christologie africaine », Jésus-Christ et l’Afrique : hier, aujourd’hui et demain, Conférences théologiques n°5, Yaoundé, PUCAC, pp. 119-129.
- Dialogue avec les religions traditionnelles et l’islam en Afrique noire », Spriritus, Paris, septembre 2000, pp. 309-317.
- 2001 « Le dialogue des religions du monde pour le respect de la dignité humaine et la promotion de la paix », La mondialisation : quel humanisme ? Yaoundé, PUCAC, pp.228-289.
- 2002 « Claude Pairault : Raison et Foi. Note en marge de Fides et Ratio », Cahier de l’UCAC, 7, pp. 267-273.
- 2004 « Les mutations africaines et le salut en Jésus-Christ », in Mélanges à l’occasion des 25 ans de l’Ecole théologique Saint Cyprien, ETSC, Yaoundé, pp. 87-98.
- La théologie est-elle une discipline universitaire ? Leçon inaugurale de l’année académique 2004-2005, PUCAC.
- « Gott auf Seiten der Armen und der Gerechtigkeit? ». Concilium, 2004/5, pp. 568-574
- 2005 Eléments d’une théologie africaine pour le XXI é siècle, Yaoundé, CLE.
- « Les missionnaires 30 ans après « La dé-mission » de Fabien Ebousi Boulaga », Spiritus, Juin 2005, pp. 239-245.
- « Das vergessene Menschheit Jesu », Concilium, 2006/1, pp. 12-17.
- 2006 «Bibbia e liturgia», Concilium, 2006/4, pp. 81-87.
- « L’uomo africano e veramente religioso? « Civitas, numéro spécial sur l’Afrique, avril 2006, pp. 81-89.
- 2008 « Aparecida 2007, un point de vue africain », Spiritus, décembre 2008, pp. 469-478.
- ‘’ Explorations in a Global Era’’, in Patrick Gnanapragasam and Elisabeth Schüssler-Fiorenza (éd.), Essays in honour of Prof. Felix Wilfred, Delhi, ISPCK, pp. 409-414
- 2009 « Das afrikanische Uebel », Concilium, 2009 /1, pp. 6-8.
- ‘’Christlische Identität zwischen afrikanischen Religionen, Christentum und Moderne’’, Concilium, 2009/2, pp. 185-191.
- « Religions, christianisme et modernité : quelle mission pour le second Synode ? », in J. Ndi –Okalla (dir.), Le deuxième synode africain face aux défis socio-économiques et éthiques du continent, paris, Karthala, pp. 28-37.
- 2010 « Mongo Beti et le christianisme » postface à Auguste Owono –Kouma, Mongo Beti romancier et l’Eglise catholique romaine, Paris, l’Harmattan, pp.339-343.
- « L’enjeu de Dieu en Afrique », in A. Kom (Ed.), Fabien Eboussi Boulaga, l’audace de penser, Paris, Présence Africaine, pp. 57-66.
- « L’enseignement de la théologie chrétienne et la culture africaine », in G. Pallante (dir.), Enseignement et culture, Yaoundé, PUCA, pp. 193-198.
- 2012 « Jean-Marc Ela, théologien », Entretien avec Parfait D. Akana, Terroirs, 1-2, Yaoundé –Paris, Terroirs –Karthala, PP. 23-31.
- « Magisterium and Theology in Africa », Concilium 2012/2, pp. 17-27.
- « Relecture du colloque par un théologien africain », in J. P. Messina (dir.), Religion, Tradition et Modernité, Actes du colloque international de théologie, Yaoundé 29-31 mars 2004, Yaoundé, PUCAC, pp.149-153.
- 2013 «La teologia postcoloniale nel contesto africano», Concilium 2012/2, pp. 121-135.
- « Recension de Claude Geffré, Le christianisme comme religion de l’Evangile, Paris, Cerf 2012 », Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques, Paris, Vrin, pp. 152-157.
- 2014 « Sense and Nonsense of an African Theology », in Agbonkhianmeghe E. Orobator (Ed.), Theological Reimagination.
- Conversations on Church, Religion and Society in Africa, Nairobi, Paulines Publications Africa, pp. 56-62.
Que retenir alors de cette pluralité de travaux ?

 

La pensée scientifique d’Eloi MESSI METOGO

La particularité des approches du professeur MESSI METOGO est leur caractère désarçonnant. Son ouvrage phare Dieu peut-il mourir en Afrique ? Essai sur l’indifférence religieuse et l’incroyance en Afrique noire s’ouvre par une question déstabilisante. On a envie de rétorquer : « Dieu peut-il mourir ? sachant que « Dieu est immanent et immortel !» Mais très vite l’auteur séduit dans la construction de son argumentaire :

Les sociétés africaines ne sont pas « incurablement religieuses » comme le posent Laburthe-Tolra et Bureau en 1971, affirme Eloi MESSI. Il s’inscrit ainsi en faux contre ceux qui refusent d’observer ou de parler d’athéisme en Afrique noire tel le Cardinal MALULA, Archevêque de Kinshasa dans une interview au journal français La Croix en 1985 au sortir d’un symposium des Evêques d’Europe, qui laisse entendre la permanence de Dieu, et pose plutôt le problème en terme « d’inculturation » :

N’assiste-t-on pas plutôt au réveil des religions traditionnelles et à l’invasion des sectes jusque sur les campus universitaires ? Des intellectuels autrefois marxistes à Londres ou à Paris ne se sont-ils pas « convertis » en rentrant chez eux ? On les rencontre chez les guérisseurs et les marabouts.

Même si l’archevêque MALULA refuse soigneusement de prononcer le mot, il y a une « sécularisation » du religieux en Afrique. Il argumente en puisant dans les faits et en s’appuyant sur d’autres observateurs étrangers et africains (Louis-Vincent Thomas et René Luneau) qui révèlent, et comme lui, affirment la présence de la sécularisation, de l’indifférence religieuse et de l’athéisme dans les sociétés africaines contemporaines, ajoutant que le phénomène est appelé à s’amplifier.

Eloi MESSI METOGO puise chez Jean-Marc ELA, dans Ma foi d’Africain qui pense : Qu’une certaine manière de parler de Dieu et de vivre l’église instruit le procès de Dieu parmi les pauvres et ouvre la voie à l’athéisme en Afrique. Il se réfère aussi aux contes et épopées dont l’évidence de la portée philosophique exalte l’intelligence au détriment de la croyance. Ce qui produit des adhésions purement sociologiques aux croyances reçues ; avec des « pratiquants non-croyants », « attachés aux rites par pur conservatisme social ou politique ».

Il insiste sur le fait que certains rites n’ont pas toujours le caractère religieux qu’on a voulu leur attribuer.

Eloi MESSI METOGO émet son hypothèse et soutient sa thèse : l’on peut établir l’existence de l’incroyance et de l’indifférence religieuse en Afrique avant la colonisation d’une part, et d’autre part trouver dans les sociétés traditionnelles, des clefs d’interprétation de la situation religieuse actuelle.

Et pour cela, il prend ses distances avec ce qu’il appelle « certaines erreurs de méthode » qui transparaissent dans certains titres en vogue ( Sociologie actuelle de l’Afrique, Sociologie de la nouvelle Afrique, Œdipe africain…). En même temps qu’il prend des précautions en véritable épistémologue : la démarche ne vise point, évidemment, à opposer à la thèse unilatérale de l’Afrique incurablement religieuse, une autre thèse unilatérale, celle de l’irréligion de toute l’Afrique traditionnelle. Elle cherche plus simplement, à travers une « lecture symptomale » de la littérature ethnologique, à mettre à jour des indices d’indifférence et d’incroyance plus ou moins consciemment occultés par le souci de montrer que l’Africain croit aussi en un Dieu unique et qu’il est essentiellement « un être religieux ».

Une sequence organise ainsi son argumentaire: d’abord et d’une part, l’indifférence religieuse et l’incroyance dans certaines sociétés négro-africaines traditionnelles. Le professeur scrute l’éloignement de Dieu et s’interroge sur le « pourquoi de cet éloignement ? » en Afrique. Il s’arrête par la suite sur les religions anthropocentriques et les critiques traditionnelles de la religion dans les sociétés africaines.

Ensuite et d’autre part, l’indifférence religieuse et l’incroyance dans certaines sociétés négro-africaines. Les causes et les formes de l’indifférence religieuse qui l’interpellent. En véritable socio-anthropologue, il prend pour objet d’étude le développement de la religion et l’éducation religieuse des enfants ; il s’arrête sur les mariages mixtes et le changement de religion etc. Il s’intéresse aussi aux différentes formes de contestations de la religion tout comme il mène des études monographiques sur chaque religion africaine et comparées sur les rapports entre chaque religion et les autres (animisme, islam, christianisme et aussi l’indifférence). Il fait une étude comparée entre l’agnosticisme et l’athéisme, élabore une critique littéraire et philosophique des religions ; il sort par la confrontation entre l’Etat et la religion.

Enfin, la dernière partie prospective de sa réflexion où il envisage les discours et les attitudes à tenir face à l’indifférence religieuse en Afrique. Après avoir posé les problèmes de l’anthropologie négro-africaine, il milite pour une nouvelle théologie en Afrique. Il dévoile les pièges de l’inculturation, critique l’impérialisme chrétien en Afrique, pour aboutir à de nouvelles approches de la mission.pdf

En somme, l’œuvre scientifique du professeur Eloi MESSI METOGO nous replonge dans le dilemme africain actuel: un entre-deux embarrassant qui met l’Africain dans la posture civilisationnelle et religieuse de « l’âne de Buridan ». Etre ou ne pas être ou alors être où on n’est pas ?, ironise Shakespeare avec son héros Hamlet, nous faisant rire là où nous devrions pleurer. Quelle socialisation pour l’Africain dès sa rencontre avec autrui occidental pour quelle place dans la mondialisation ? S’il est établi que le mot « DIEU » existe dans toutes les langues du monde sans nul besoin d’attendre de se le voir enseigner par quiconque, n’est-il pas troublant et déroutant d’apprendre « DIEU » à des peuples qui connaissent déjà DIEU à leur manière ? Sinon, comment concilier et résoudre le trouble et le conflit crée par cette rencontre ?

(Avec la grande contribution du P. Grégoire Abessolo Amougou, op. et du Dr. Nicolas Yebega Ndjana)

 

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